Des clichés qui rappellent de nombreux souvenirs... Par Georges Mariage Jr
Ces deux clichés ont du être tirés dans les années " 30 " par le photographe frasnois Dusausçois, installé sur la place de l'église de Frasnes. Sa fille Lucia lui succéda et elle-même décéda en janvier 2006. La maison était connue sous le sobriquet de " La bistoquette ".
Le cliché présentant le tram est appelé une carte postale vivante dans le jargon des collectionneurs car au delà des bâtisses des personnages figurent en évolution quoique sur la seconde vue on devine des personnes invitées à se positionner sur leur devant de maison.
Un barou est même en mouvement vers Forest. La qualité de la prise de vue est remarquable car on voit jonchant le pavé une plaque de crotin de cheval.

Il apparaît que la route " provinciale " à l'époque est toujours pavée, en dos d'âne pour faciliter l'écoulement des eaux de ruissellement.
La maison dite du " Bienvenu " n'est évidemment pas encore construite et Elise demeure avec sa mère Gabrielle et sa grand-mère Hermence en face à " La descente des pèlerins " au café-épicerie. Cet estaminet a pour sobriquet " le bléblé ".
Précédemment le mari d'Hermence était menuisier. L'atelier était situé dans la partie basse de la maison bâtie en direction de Frasnes. Certains se souviennent que l'on disait en parlant de l'épicerie, chez " Marie du Sarma ".
Le mari d'Hermence avait connu une fin tragique au cours de la grande guerre.
Comme d'aucuns, pour subvenir aux ressources de la famille, il trafiquait entre l'Etape et le Gouvernement Général. Les occupants avaient délimité des zones du front vers l'arrière. L'axe Renaix-leuze était une limite intermédiaire. Les denrées coûtaient moins cher à Frasnes (le Gouvernement Général) qu'à Montroeul (l'Etape). La contrebande se développait et nuitamment des audacieux tentaient leur chance entre les gardes placés par l'Allemand.
Une nuit " le bléblé " fut intercepté par une sentinelle à la hauteur du sommet de la côte, à quelque 200 mètres de chez lui. Il se rebiffa. Le soldat lui tira une balle et peu après il mourut de sa blessure.
Sur la carte en direction de Forest, on observe un attroupement familial devant la boulangerie Dubié. Un vision à la loupe permet de distinguer un homme à casquette qui porte de fortes lunettes et deux femmes sur la pas de la porte....

Le frère de Gabrielle du " bléblé " du nom d' Omer eut fonction d'instituteur à Antoing. Il resta célibataire.
Si on observe sur l'une et l'autre carte, des vélos appuyés sur le mur du café, c'est pour cause que.....les voyageurs de Forest et voir plus loin déposaient leur bicyclette avant d'embarquer pour Tournai ou Ath.
Est-ce un poteau électrique ou téléphonique qui est dressé, un peu penché au coin de la station ?
Sur le devant de la maison du meunier on devine une maman qui semble porter un enfant sur le bras droit. Au dessus de l'agent du vicinal à veste claire, un manutentionnaire on remarque le plan incliné qui amène les sacs de farine sur la charrette. Plus haut, c'est l'espèce de chapelle vers laquelle on hisse les sacs de blé au bout d'une corde. Conducteur et receveur du tram plastronnent aux avant-postes.
A l'extrème gauche de la station est située la voie des marchandises. Tout au bout, juste avant le butoir, on peut voir l'espèce de plan incliné qui était d'usage pour embarquer ou débarquer le bétail, le charbon ou matériaux divers. La commande d'aiguillage qui se meut à la main et que les gamins s'amusent à faire basculer si y arriver leur est physiquement possible.
Le groupe devant la maison Bruneau est assez curieux. Ce sont manifestement des enfants qui y figurent. Je cite des noms Louise...Marie... Xavier ....
L'un est assis sur une sorte de brouette. A la droite un autre porte son cartable en bandoulière. Qu'est cette famille par rapport à Florimond Bruneau, l'écrivain régional né à Forest en 1877 ? Il fut instituteur à Ligne, vécut en sa jeunesse à Montroeul puis s'installa à Schaarbeek. Il fut l'ami de Michel de Ghelderode Florimond Bruneau était aussi peintre de scènes de genre et de paysages. Celles-ci ont servi entre autre d'illustration à son oeuvre littéraire bien connue en notre région, "Contes et légendes du pays d'Ath ". M.de Ghelderode disait de lui qu'il était " le peintre des approches nocturnes et des banlieues angoissées.. Il mourut en 1956 à Bruxelles.
Sur cette station du tram, se déroulait anciennement une ducasse. Un jour les gamins du village firent une blague à la vendeuse de bonbons en attachant l'étal de celle-ci au tram.
La haie plantée au pignon de la maison Bruneau et dont quelques plants ont survécu jusqu'à nos jours, a joué un rôle de salut à notre concitoyen Charles Quiévreux, réfractaire durant la seconde guerre. En son époque des années 50 à 80, il était le garagiste promoteur de l'automobile Simca.
En début de guerre il échappa à deux rafles de l'occupant nazi qui expédiait les forces vives de la jeunesse masculine en travail obligatoire en Allemagne pour parer à l'effort de guerre. Les jeunes vivaient donc cachés.
Une nuit, Charles s'était aventuré aux abords du carrefour. Quand subitement firent irruption des véhicules militaires allemands. Les phares balayant la route le surprirent. Arrêt immédiat, les soldats en arme bondirent. Charles se laissa tomber derrière la haie, contenant son souffle, immobile. Par chance les Allemands n'avaient pas leurs chiens. Ce qui sauva Charles de l'arrestation et de la captivité en Allemagne.
Voilà quelques anecdotes que l'observation de ce carrefour du " pavé " peut faire surgir de la mémoire du passé. En possédez-vous vous aussi ?
Georges Mariage Jr
Commentaires
1. Le mercredi 23 mai 2007 à 18:28, par web hosting
2. Le jeudi 30 août 2007 à 18:00, par Alain Legrand
3. Le vendredi 7 septembre 2007 à 04:52, par reliable web hosting
4. Le vendredi 7 septembre 2007 à 04:54, par clustered hosting
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.